Après que je suis
Suffoquent, manquent d'air, l'amour et ses secrets
Pitoyables, pathétiques, l'amour et ses regrets
Et ces myriades d'âmes naissantes au crépuscule
Magnétiques facéties, dans l'Ether elles pullulent.
Irréelles, innocentes et béates elles se pâment,
Froissées, dépliées, sans but elles s'enflamment.
Grises et sèches, veules cendres collant à nos rets.
Quand saurai -je ce que tu sauras?
Quand aurai -je le goût de toi?
Quand souffrirai-je ton absence?
Quand regretterai-je ta présence?
Après que je suis.
Sa vie, ma vie, ta vie la tienne
Celle qui parfois consent à dire nôtre
Mais jamais leur, jamais! Quel leurre!
Ils ne sauraient conter ta peine
Leur substance vitale s'étiole au gré des sens
Et s'étire sans avoir jamais conçu l'essence
Ivre de vie elle croise la vôtre.
Quand saurai-je ce que tu seras?
Quand aurai-je le dégoût de toi?
Quand goûterai-je ton absence
Quand maudirai-je ta présence?
Après que je suis.
Ma vie, sa vie, notre vie
Votre vie, vos vies, leur vies
Cyanosées, molles et vides
Comme des bouillottes elles se délestent
Au tréfonds de mon âme en reste
Sa vie, ma vie, ta vie la tienne
Goutte à goutte coule dans tes veines
Quand saurai-je ne pas partir?
Quand saurai-je te le dire?
Quand saurai-je faire de ma main
Un lieu sûr pour tes lendemains?
Après que je suis.
La mort est trop petite pour te contenir
La vie est trop frêle pour te retenir
L'amour ne luit plus par peur de me nuire...