J'écoute : Leontyne Price dans "AIDA" Je joue : De la guitare! Du moins j'essaie! Je mange : pas grand chose en ce moment Je cite : "Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde." Aimé CESAIRE (discours sur le colonialisme) (mis à jour jeudi 23 novembre 2006 à 13:27)
" Chorus:
Bangladesh, Bangladesh,
Bangladesh, Bangladesh,
When the sun sinks into the West,
Die a million people of the Bangladesh.
The story of Bangladesh,
Is an ancient one again made fresh,
By blind men who carry out commands,
Which flow out of the laws,
Upon which nations stand,
Which say to sacrifice a people for a land...
Chorus...
Once again we stand aside,
And watch the families crucified,
See a teenage mother's vacant eyes,
As she watches her feeble baby try,
to fight the monsoon rains, and the Cholera flies...
And the students at the university,
Asleep at night quite peacefully,
The soldiers came and shot them in their beds,
And terror took the dorm awakening shrieks of dread
And silent frozen forms, and pillows drenched in red...
Chorus...
Did you read about the army officers' plea,
For donnors' blood it was given willingly,
By boys who took the needle in their veins,
And from their bodies every drop of blood was drained,
No time to comprehend and there was a little pain...
And so the story of Bangladesh,
Is an ancient one again made fresh,
By all who carry out commands,
Which flow out of the laws,
Upon which nations stand,
Which say to sacrifice a people for a land...
Chorus..." (Joan Baez "Come from the shadows" 1971)
"... What I am asking you to do is take some risks. Stop paying war taxes, refuse the armed forces, organize against the air war, support the strikes and boycotts of farmers, workers and poor people. Analyze the flag salute, give up the nation state, share your money, refuse to hate, be willing to work, in short, sisters and brothers, arm up with love and come from the shadows" Joan Chandos Baez 1971
A cause de cet appel, elle est allée en prison. Pas tellement pour incitation à la rébellion, mais parce qu'elle incitait la population américaine à ne pas payer ses impôts. Dès qu'on touche au fric!
Je me suis souvenu de ça et me suis dit qu'on pourrait peut-être faire la même chose en s'organisant, j'entends tous ceux qui veulent que tous ces massacres et pillages cessent.
Si nous refusions de payer nos impôts, mais en masse, contre le pouvoir en place qui veut entre autres supprimer le droit de grève, peut-être que ça aurait plus d'impact que des manifs!... Et l'argent on le garderait sur un compte pour financer des actions concrètes! Je suis sûr que Sarkozy en tremblerait dans ses braies... Il pourrait pas mettre des centaines de milliers de gens en prison...?! Mais bon il faudrait que celà soit coordonné et massif bien-sûr! A réfléchir!
J'ai tellement écouté et réécouté ce titre quand j'étais pré-adolescent! Je ne savais pas qui était David Bowie à l'époque. Je piquais le disque à mon frère pendant son absence et l'écoutais en boucle dans la chambre. Excellents souvenirs!
A Hard rain - Bob Dylan live 1975 (extrait du film Renaldo & Clara avec Bob Dylan "Renaldo", Sara Dylan "Clara" et Joan Baez "La femme en blanc")
Ah bah oui c'est autre chose! C'est la version de Dylan que je préfère car il y en a eu d'autres moins heureuses. Mais c'est ce que j'aime chez-lui, il est inconstant. Et je dois avouer qu'artistiquement je préfère cette version là à celle de Joan Baez...
Joe Hill - Septembre 2005 Joan Baez Live at Washington D.C
Que n'a-t-elle chanté cette chanson de lutte ouvrière! Elle l'a chantée à Woodstock déjà en 1969. J'imagine qu'elle doit se sentir profondément triste d'avoir à encore monter sur scène pour essayer d'attirer les regards sur les horreurs de cette guerre illégale (si tant est qu'il y ait des guerres "légales") encore une fois engagée par les Etats Unis contre l'Irak. Elle a passé sa vie à se battre contre la violence, contre la guerre. On peut penser comme moi que c'est un vain combat, elle n'a jamais dérogé et du haut de ses 64 ans, elle persiste et signe comme elle dit si bien dans sa chanson " steal accross de border"(Ron Davies) tirée de l'abum "Play me backwards".
Et dans son dernier album studio "Dark Chords on a big Guitar", elle demande à Joe Hill de revenir car dit-elle, nous allons droit dans le mur.
A Hard Rain is Gonna Fall - (Bob Dylan) - Joan Baez Live septembre 2005 à Washington D.C
Une des chansons fleuves du poète troubadour que j'aime le plus.
Les bruits d'hélicoptères que l'on entend sont ceux de la police et de l'armée américaine car il s'agit d'un concert organisé pour protester contre le guerre en Irak.
J'aime particulièrement la version de l'album "Live Europe 83". Lors de ce concert en France notamment, elle y fait une imitation de Bob Dylan dont elle seule a le secret! Mais celle-ci est émouvante et Joan n'est pas ridicule.
Wenn unserer Brüder kommen - Joan Baez Live à Meersburg le 13 juillet 2007
Je ne comprends pas un mot de cette chanson si ce n'est qu'à un moment donné elle parle d'uniformes. C'est un extrait de sa dernière tournée européenne. Comme le dit la rumeur, sa voix semble effectivement s'évanouir, mais je trouve qu'elle gagne en profondeur ce qu'elle a perdu en aigus et en puissance. Si quelqu'un connait cette chanson, pourrait-il/elle me la traduire?? Il y a une version qui date de sa tournée européenne des années 80 "Live Europe 83" . Sur cet album, il y a une version du poème de Boris Vian "A tous les enfants" qu'elle interprète en français et c'est magnifique.
Une fine pluie commençait de tomber au fur et à mesure que je montais. J'aimais bien cette sensation de fraîcheur après l'aridité de la Côte Ouest. En fait le changement est brutal, sans transition.
Soudain, j'entendis un bruit de moteur diesel, genre 4X4. Celà faisait des heures que je marchais et j'avoue que l'éventualité d'une ballade même à l'arrière d'un pick-up me tentait assez. Je me retournai et tendis mon pouce lorsque je vis l'engin accélérer et venir vers moi à toute vitesse. J'eus juste le temps de me jeter dans le petit ravin en contre bas. Je ne compris pas tout de suite ce qui venait de m'arriver. Je n'avais pas eu le temps de voir les occupants du véhicule. Il est vrai que j'étais resté en tenue traditionnelle Kanak, non pour faire plaisir aux Kanaks ni pour provoquer les Blancs, mais simplement parce que c'était la tenue dans laquelle je me sentais le plus à l'aise.
Je pris soudain conscience que le "manu" (morceau de tissus retenu par un noeud à la taille) que je portais, était rouge. Je me dis que ce devait être des Blancs et qu'ils avaient dû confondre mon "manu" avec celui du Front Indépendantiste ou du Palika.
A l'époque je n'étais pas encore très marqué politiquement. Je savais que j'étais "de gauche"; je me sentais "proche" de la mouvance communiste, mais je n'appartenais à aucun parti. Quant aux partis locaux, il m'était difficile de faire un choix. En effet, ce qui m'importait c'était l'obtention de l'Indépendance et la redistribution des terres aux Kanaks. J'avais le sentiment que tous défendaient la même cause et ne voyais aucune différence entre tel parti ou tel autre. J'étais en pleine découverte de Karl Marx, et donc, ma conscience politique n'était qu'humaniste sans réelle consistance à cette époque de ma vie.
Je décidais de remonter sur la route et d'avancer le plus vite possible. Dès que j'entendais une voiture, je me retournais et essayais de deviner les occupants afin de ne pas me laisser surprendre une fois encore. Quelques heures après, un pick-up s'arrêta et le conducteur me demanda ma destination. Je lui répondis que je me rendais à Ponérihouen. Il me dit qu'il pouvait m'emmener. Je montai donc. C'était un membre d'une tribu voisine de Ponérihouen. Il s'interrogeait sur le fait que je fusse seul ici et surtout habillé comme je l'étais. Je lui racontai en résumé mon histoire. Il me dit qu'il avait connu un certain Emile W... de la tribu de Qanono à Lifou. Je lui dis que c'était mon cousin. Nous parlâmes de ce qui m'était arrivé un moment plus tôt sur la route et il me dit de rester vigilant car les Blancs n'aimaient pas voir d'autres Blancs habillés à la façon des kanaks. Nous roulâmes pendant quelques heures lorqu'il me dit qu'il devait tourner avant le pont de Ponérihouen. Il me déposait donc à l'endroit où il devait bifurquer.
J'avais l'intention de rendre visite à un de mes cousins, Daniel qui a fui la tribu pour pouvoir se marier avec la femme qu'il aimait. En effet, dans notre culture, les aînés mâles ne choisissent pas celle qui sera leur femme, mais c'est la famille qui décide pour eux. En fait il s'agit là de mariage d'intérêt comme celà s'est produit partout sur la planète et comme celà se produit encore aujourd'hui, même en France. J'aimais beaucoup ce garçon qui avait osé défier la coutume et le Conseil des anciens pour vivre son histoire d'amour avec Eliane de Ponérihouen. Je l'admirais. Et j'avais hâte de le revoir et de faire la connaissance de celle qui était devenue sa femme.
J'avançais sur le pont, perdu que j'étais dans mes pensées et ne portais donc pas attention à ce qui se produisait. Au beau milieu de l'ouvrage de métal, je vis un groupe de jeunes hommes qui me barrait la route. Ils étaient habillés à la mode de l'époque, c'est -à-dire, foulard rouge dans les cheveux, chemise para militaire grande ouverte sur des machettes qui brillaient et parfois un manu indépendantiste attaché à la taille ou porté à la manière d'un châle. Certains d'entre eux avaient des bières à la main.
J'hésitais à avancer et me demandais si je ne devais pas faire demi tour et attendre la nuit pour passer. Alors que je me retournai, je vis qu'il y avait un autre groupe de jeunes qui fermait la marche. De toute évidence ils ne me voulaient pas que du bien. Je décidai donc d'avancer en me maudissant de ne pas avoir appris le Paici. Je m'essayai à lancer quelques interjections amicales en Lifou, mais celà ne fit qu'aggraver la situation.
Un grand jeune homme tout en muscle et en barbe me posa une question dans sa langue. Je lui répondis, en français cette fois, que je ne comprenais pas ce qu'il me disait. Ils étaient environ une bonne quinzaine à m'entourer et à me dévisager sans aménité. Je vis qu'un des gars lorgnait sur mon sac. Je lui dis que je n'avais rien qui fût en mesure de satisfaire sa curiosité. Je leur demandai à mon tour ce qu'ils attendaient de moi et ils me répondirent que j'allais devoir m'acquitter d'un impôt révolutionnaire pour pouvoir traverser le pont. Je leur dis que je n'avais pas le moindre argent sur moi et leur demandai de quel mouvement venait cet ordre. Voyant que je commençais à perdre patience, un jeune homme s'avança, les cheveux blonds coiffés en dread locks, le teint couleur de miel. Il me pris par les épaules et s'adressa aux autres dans sa langue. Je ne compris évidemment pas ce qu'il disait, mais je sentis la pression de son bras sur mon épaule et commençai à me détendre, à la vue de quelques sourires.
Celui que j'aurais volontiers appelé le "chef" de la bande ne semblait pas l'entendre de cette oreille. J'ai même cru qu'ils allaient se battre entre eux. Finalement, le "chef" de la bande me dit qu'il fallait que je sois très vigilant dans mes déplacements en Grande-Terre, qu'il pouvait m'arriver n'importe quoi. Puis il fit signe à ses amis et le groupe se scinda en deux afin de me laisser libre passage. J'avançai donc toujours flanqué de celui que je considérais avec reconnaissance comme "mon sauveur". Une fois éloignés de la bande, il s'adressa à moi en Lifou et me demanda, l'air moqueur, si j'avais eu peur. Je le regardai interdit et commençai à vouloir l'insulter quand il m'interrompit brutalement en me demandant si je me souvenais de lui.
Surpris, je fis non de la tête. Il entreprit donc de me raconter toute l'histoire.
En fait, il s'appelait Jimmy, et nous nous étions retrouvés l'un et l'autre chacun à un bout d'une même banderole lors d'une manifestation pro-indépendantiste à Nouméa la semaine précédente. Il avait été interpelé par le fait qu'un Blanc manifestât avec les Kanaks. Il s'informa donc à mon sujet auprès de cadres politiques qui lui dirent qui j'étais. Lorsqu'il me vit sur le pont, il ne me reconnut pas tout de suite. C'est seulement au moment où j'ai parlé en Lifou que la mémoire lui est revenue. Il a donc expliqué aux autres membres de la bande que j'avais été adopté par la tribu de sa tante qui avait épousé un de mes oncles et que lui-même allait épouser ma cousine, ce qui était vrai.
Les jeunes ont donc décidé à contre coeur de me laisser en paix.
Jimmy m'expliqua que ce qu'ils faisaient, c'était juste pour faire peur, pour impressionner les touristes, mais qu'ils ne prélevaient aucun impôt. Il m'a dit que j'avais eu de la chance qu'il soit présent car sans lui, la petite plaisanterie aurait pu mal tourner. Il me demanda où je me rendais. Je lui dis que j'allais retrouver Daniel, mon cousin qui était Pasteur dans cette commune. Il me conduisit à la maison de mon cousin qui me reçut chaleureusement. Après cette montée d'adrénaline, je n'étais pas mécontent de retrouver des visages amis. Je vous raconterai plus tard comment Daniel a dû fuir avec sa femme et comment ils ont dû errer de commune en commune avant de pouvoir s'établir à Ponérihouen...
For All we Know - (Chanson Populaire) Joan Baez TV Show acapella
Apparemment il y a débat sur la qualité de cette version acapella. Pour ma part je préfère celle de l'album "Honnest Lulluby".Sa voix est plus souple, moins dans les aigus. Ils semble que celle-ci soit fort appréciée... Je vous laisse seuls juges. De plus on annonce en titre de vidéo "1989". Je suis totalement convaincu qu'il s'agit d'un enregistrement bien antérieur à cette date! 1979 serait à mon sens plus juste!
J'ai regardé la télévision hier soir! Je n'ai que deux chaînes donc pas très compliqué. Il y avait une retransmission d'un concert de Barabara à Pantin en 1982.
Dans un de mes postes précédents je parlais de notre propension à nous les gens du Sud de la Terre, à en faire des caisses, à surenchérir dans l'émotion mais c'était compter sans Barbara! Je connaissais cette artiste pour l'avoir écoutée sur disque, mais je ne l'avais jamais vue en spectacle vivant! Ce n'est plus du spectacle, c'est du pantomime! Moi qui pensais que cette femme était rigide, sobre, sans fioritures, c'était mal la connaître! Elle n'était pas un peu mégalomane? Elle carburait à quoi?
Et elle en rajoute et en surajoute et vas-y que j'te fasse du cinéma, et allez t'en r'veux, j'en r'mets une couche! Je n'aurais pas supporté très longtemps un de ses concerts!
Heureusement que le public suit car sinon pour sûr elle serait morte de ridicule! Je suis très surpris car j'aimais beaucoup cette voix même si ses mélopées pouvaient m'agacer parfois. Mais je pensais que "La Dame en Noir" ne se prenait pas au sérieux. Raté! Non seulement elle se prend très au sérieux mais elle en redemande! Bref, suis déçu, vraiment!
Trop d'emphase, trop de clichés, trop toujours trop...
"Why worry ? There should be sunshine after rain... " Le problème c'est que l'on risque d'avoir beaucoup de "sunshine" mais peu de "rain", d'où les raisons de s'inquiéter!
J'adore cette chanson! Toute ma jeunesse (enfin entre autres!)
J'ai vu ce concert où Marc Anthony en interprétant cette chanson se laisse gagner puis submerger par l'émotion au point de chanter faux et de ne plus pouvoir chanter du tout à un moment donné! J'ai beau me dire que nous sommes les rois de la surenchère dans nos pays, qu'on aime bien en faire des caisses, je me laisse prendre! Je ne connais pas l'histoire de cette chanson qui est sommes toutes très mièvre et rappelle que Marc Anthony est né à NYC, mais j'aime l'émotion qu'il dégage en l'interprétant. Et à voir c'est encore plus émouvant.
Ca m'est arrivé quelques fois de me laisser prendre par l'émotion lors d'un concert, notamment une fois, à Rouen, au Perfecto, où j'interprétais "Redemption song " de Bob Marley acapella. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais mon corps s'est mis à trembler et les larmes sont montées. Aussi en faisant les choeurs pour un groupe lors de la chanson de Prince "Purple rain" où je devais monter très haut et en crescendo. Je ne sais pas pourquoi mais mon visage était innondé de larmes. C'est vrai qu'au niveau souffle, cette chanson exigeait beaucoup mais il m'est arrivé d'interpréter des solos en Gospel sans me laisser déborder par l'émotion et pourtant il en faut et du souffle et de la voix parfois. Je pense que certaines situations font résonnance sans que nous sachions clairement ni quoi, ni pourquoi. Notre inconscient lui sait. Et quand ça monte c'est irrépressible! Je ne sais pas si ça arrive à des chanteurs lyriques... Mais c'est parfois embarrassant. Il y avait aussi la chanson "The cross" de Prince qui me faisait cet effet là et une des miennes "Right train". Quoiqu'il me semble assez difficile d'être artiste ou de le prétendre sans avoir une sensibilté un peu plus développée que chez d'autres... (et un ego surdimensionné aussi! Surtout les chanteurs! Je le sais, j'ai été obligé de changer de maison, car dans mon ancien appart il n'y avait plus assez de place pour mon ego et moi-même!)
Un de mes chanteurs latino préféré. Je crois que c'est à cette occasion que Tito Puente l'a rejoint sur scène (si mes souvenirs sont bons...) J'adore sa voix!
Je viens de lire un article dans "Libération" à propos de la la fellation qui serait cancérigène si elle est pratiquée avec plusieurs partenaires. Plus on augmente de partenaires et plus le risque serait grand. En fait ce serait lié, toujours selon une pseudo enquête scientifique américaine, aux "papillomavirus", vous savez ce virus qu'on a découvert et qui serait responsable de beaucoup de cancers du col de l'utérus. Eh bien il provoquerait des cancers rares de l'oesophage... Quand on sait qui commandite les enquêtes dites scientifiques de santé publique aux Etats-Unis, on est en droit de se poser la question quant aux résultats obtenus. Alors plus de bouffe, plus d'alcool, plus de tabac, plus de cigarettes qui font rire, plus de sexe sans préservatif et maintenant plus de turlutte! Il manque plus que la gauche disparaisse et c'est une nouvelle ère qui commence! La politique oui mais sans opposition s'il vous plaît et surtout pas de mécontentement social, ou alors on vous met au gnouf! Mais quand on regarde François Hollande on est rassuré, car lui il est né avec une capote sur ses idées, donc y'a pas de danger qu'on soit contaminé par de la subversion ou de la révolte!
Je m'enfonçais heure après heure dans la chaîne de montagne qui tel un ogre m'avalait. Le brouhaha de la nature est propice à la méditation, mais je ne songeais qu'à une chose pourtant, mes retrouvailles avec mon cousin Charles. Il était parti vivre en brousse car il souhaitait être boulanger et à Lifou nous faisions notre pain nous-mêmes à l'époque.
De plus, il aimait la Côte Est et les gens qui la peuplaient. C'était une vraie gageure, car pour un gars de Lifou, partir en brousse à des centaines de kilomètres de sa tribu natale risquait de tourner vite à la désillusion.
En effet, le colonialisme était entre autres basé sur la règle : "diviser pour mieux règner" Et en celà, les colonisateurs ont su faire. Il n'est pas difficile de jouer sur les peurs et les réflexes archaïques inhérents à tout être humain vivant sur cette planète: la peur de l'étranger, l'envie, la jalousie, le complexe d'infériorité...
Les gens de brousse ayant des traits "négroïdes" plus prononcés que les gens des îles Loyauté, les Blancs ont décidé que les habitants des trois îles Lifou, Maré, Ouvéa étaient plus beaux, donc plus intelligents que les gens de brousse qu'ils apparentaient aisément à de" grands primates". Nous trouvions donc à Nouméa plus de gens des îles dans les administrations, les hôtels, les restaurants... Lifou étant une île assez grande avec une propension expansionniste avérée, sa langue vernaculaire devenait la plus parlée de l'archipel. Même en brousse on comprenait quelques paroles de Lifou. J'étais quant à moi bien incapable de comprendre ou même d'appréhender le Paici.
Après une demi journée de marche et d'auto-stop, j'arrivai au village de Houailou.
Là je savais que mon cousin Dominique, aujourd'hui décédé, allait me recevoir à la mission protestante. Je décidai d'y rester la nuit et la journée du lendemain. Nous étions très proches Dominique et moi-même sauf sur les questions de théologie. Quand j'étais plus jeune, c'est lui qui s'occupait de l'école du dimanche à la tribu. Et systématiquement, dès qu'il rassemblait les jeunes qui étaient censés assister à cette étude de la bible, j'étais manquant.
Nous avons partagé nos vivres. En nous restaurant, je lui racontai ma rencontre avec la tribu précédente. Il semblait un peu surpris que les habitants de ce village m'aient reçu avec autant d'honneur. D'un air moqueur, je lui racontai le menu fait de racines, de bananes et de riz et que franchement, on était mieux à Lifou. Qu'au moins nous, nous savions recevoir! Il me regarda gravement et m'interrogea sur la situation géographique de ce village? Je lui répondit qu'il était encore sur la Côtes Ouest, entre la chaîne de montagnes et la mer. Il me demanda si j'avais bien observé aux alentours de cette tribu. Il avait l'air plutôt grave et quelque peu agacé. Je lui dis que je n'avais guère eu l'occasion de me promener dans les environs et que quand les hommes sont partis chasser et pêcher pour alimenter la fête que tous les habitants de la tribu avaient décidé d'organiser en mon honneur, ils m'avaient laissé dormir dans ma case. Dominique me regarda et me demanda si je m'étais posé la question "Pourquoi ne m'ont-ils pas emmené?" A celà je répondis que non. Nous avions bu la veille et j'ai dormi plus tard que d'habitude et donc eux étaient parti sans me réveiller pour respecter mon sommeil. Il compris que je n'avais absolument rien perçu et que mon manque de tact et de reconnaissance envers ce peuple était lié à mon ignorance du contexte politique et sociologique de l'époque et de l'endroit.
Il me pris par la main et m'emmena dans la montagne. Nous nous assîmes et là il me raconta ce qui se passait. La tribu où j'avais été reçu était situé en pleine terre "caldoche", c'est-à-dire en plein milieu du territoire des colons Blancs. De ce fait, les kanaks avaient interdiction de prénétrer sur leurs terres. Mais pour pouvoir manger de la viande ou du poisson, ils étaient obligés d'enfreindre cette loi et de défier les caldoches en allant chasser sur leurs terres ou bien en les traversant pour accéder à la mer au péril de leur vie.
De plus les maigres champs d'ignames et de patates douces dont ils disposaient étaient à flanc de montagne. Les femmes devaient s'accocher aux buissons pour récolter les racines en risquant de glisser et de tomber à tout moment. A chaque grande pluie pendant la saison cyclonique, il n'était pas rare d'assister à un glissement de terrain qui engloutissait tout sur son passage, hommes, femmes, enfants, maisons, champs, récoltes tout.
Je sentis la honte monter en moi. Quel imbécile je faisais! Ces gens qui ne me connaissaient pas ont risqué leur vie non seulement pour organiser une fête digne de ce nom mais pour que je puisse manger à sasiété tout simplement et je n'ai rien perçu.
Plus tard j'apprendrais que deux de mes cousins qui avaient entrepris de se rendre sur la Côte Est, avaient osé pénétrer dans un terrain en friche de caldoche pour y cueillir des letchies. Une vieille femme caldoche a pris son fusil et a tiré. L'un est mort, l'autre a été blessé à l'oreille. Elle n'a jamais été inquiétée, car selon la loi tacite en vigueur dans le pays, à l'époque, elle était en "légitime défense".
Je pleurais à chaudes larmes essayant de me justifier par ma méconnaissance de la Grande Terre. Dominique me pris dans ses bras et me réconforta en m'expliquant que c'était normal, que je faisais mon apprentissage, mais que je devais rester vigilant à tout ce qui m'entourait si je voulais grandir. Que la vie en brousse était bien différente de celle que j'ai pu mener à Lifou et que si je ne prétais pas attention au moindre geste, à la moindre parole qui m'étaient offerts, alors ce voyage n'aura servi de rien.
Je pris congé de mon cousin le lendemain matin car je devais encore traverser Ponérihouen avant d'arriver à Poindimié. Il emplit mon sac de mandarines et de gâteaux secs. Je l'embrassait chaleureusement toujours un peu honteux de mon comportement de la veille. Il m'a regardé avec bienveillance et me remit une lettre que je devais donner en mains propres à mon cousin Charles.
Je partis l'esprit encore contrarié par mon manque de subtilité et mon ingratitude flagrante. Je me jurai pendant le trajet de veiller dorénavant à reconnaître à sa juste valeur tout ce qui me serait offert pendant ce voyage qui semblait toutefois bien paisible. Pourtant les difficultés allaient le pimenter quelque peu. C'est ce que je vous conterai très prochainement.
Sweet Sir Galahad - (Joan Baez) Live a Woodstock 1969
C'est je crois la plus belle version de la toute première chanson dont elle a composé la musique et écrit les paroles. Elle parle de son beau-frère. J'ai longtemps cru qu'il s'agissait de Richard Farina, mort dans un tragique accident de moto quelques années auparavant, mais je ne comprenais pas la chanson. Je comprenais les paroles mais ne voyais pas le rapport avec Richard Farina. En fait il s'agit du second mari de Mimi Farina. Du coup je comprends mieux. C'est une très belle ballade folk, et la voix est particulièrement claire.
I want to know what love is - (Foreigner) - Joan Baez et Greg Walker live 1985
Je trouve cette vidéo assez belle car elle montre bien la fragilité de Joan Baez considérée comme une femme forte. Elle était en plein questionnement à cette époque et sa voix commençait à changer. Elle passera de soprano (3 octaves) à mezzo puis à alto.
J'aime beaucoup cette chanson qui me rappelle une époque où un de mes oncles avait loué une maison aux fin fonds de la Normandie afin que les Kanaks de France puissent se réunir. Nous étions en pleine guerre d'indépendance, que nous avons perdue, du moins avons-nous perdu une bataille, peut-être pas encore la guerre. Je me souviens de cette époque avec beaucoup d'émotion, car j'étais déjà en France depuis deux ans. Et je voyais mes amis, mes cousins, mon oncle tomber sous les balles de l'armée française. C'était très dur. Tout ce que je pouvais faire était de militer en clandestin en France pour le droit des Kanaks de disposer de leurs terres. Je n'avais que ma voix à offrir, ce que je faisais à chaque fois que l'on me sollicitait. C'est cette année là, le 12 janvier qu'Eloi est tombé. Lui qui me disait que l'on ne se battait pas contre une couleur de peau mais contre un système alors que je lui expliquait la haine que j'avais du Blanc (je n'avais que 18 ans à ce moment là.) Combien de flics pour assassiner un seul homme? Sanamametr angetre humuthiö!
Pour en revenir à la vidéo, j'aime aussi le fait que Joan Baez chante cette chanson là car comme elle le dit si bien dans une de ses compositions: "If love means forever expecting nothing returned, then I hope I'll be given another whole lifetime to learn."
Joan Baez à Sarajevo 1993 - La chanson: "Stones in the Road" (Joan Baez) - Album "Playme backwards" 1992
On peut philosopher sur la pertinence d'actions comme celle-ci. Celà a-t-il empêché la guerre d'avoir lieu? Non. Celà a-t-il permis aux hommes de comprendre que la voie des armes peut être celle de la folie et qu'un rien peut conduire toute la planète au néant. Non. L'album "Where are you now my son?" sur lequel Joan a enregistré son séjour pendant le bombardement d'Hanoï en 1972 a-t-il empêché les deux guerres d'Irak, non bien-sûr. Ce serait trop beau. Ghandi a-t-il empêché les bains de sang au moment de la partition de l'Inde? Non. Aurait-il mieux valu qu'il se taise, je ne crois pas. Je pense que Joan Baez est à sa place lors d'actions comme celle-ci ou sur scène et je sais, ça ne change pas grand chose, quoique, allez savoir... La guerre du VietNam s'est quand-même arrêtée entre autres choses parce que les Afro-Américains ont refusé de tirer sur des Vietnamiens... Peut-être ont-ils entendu Joan ou d'autres... En tout cas, il me semble indispensable d'être au moins témoin de notre société sinon responsables ou coupables.
He thinks he'll keep her - (M.C. Carpenter) Mary Chapin Carpenter live 1995
Artiste méconnue en France. Elle a fait une série de concerts avec Joan Baez en invitée en 1995 et reprend avec elle notamment "Diamonds and Rust" magnifique. J'aime beaucoup sa voix.
Il m'a offert du thé et m'a autorisé à rester au sein de sa tribu. Mieux il m'a accueilli dans la Grande Chefferie, ce qui est un honneur. Nous avons mangé des bananes jaunes et rouges, du riz blanc, quelques racines et bu du thé. J'étais repu. Les jeunes se sont rassemblés dans la chefferie et ont commencé à jouer sur leur guitare des airs à la mode à l'époque (Ydal, GJG, Kobi...) puis des airs traditionnels ponctués de rasades de mauvais whisky. Je commençais à somnoler quand un jeune gars a repris une chanson traditionnelle de Lifou. J'étais très surpris mais ai néanmoins entonné le chorus avec lui. C'était en mon honneur. En fait il était allé à Lifou et avait sympathisé avec des jeunes d'une tribu voisine de la mienne dans une église protestante comme il en existe des myriades chez-nous. A croire que le désespoir est si intense qu'une seule église ne peut le contenir. Puis ils m'ont tendu leur guitare.
J'ai préféré prendre la mienne et leur ai joué des morceaux du répertoire folk que je connaissais à l'époque. Ils étaient ravis et me demandaient de qui étaient les morceaux que je venais d'interpréter et si je pouvais les leur apprendre. Pour ma part, il était tard, et le voyage avait été particulièrement éprouvant. Je commençais à me sentir las ce qu'une femme ne manqua pas de remarquer. Elle me proposait aussitôt une natte pour m'allonger, ce que je fis sans me faire prier.
Le lendemain matin, je me levai un peu tardivement pour l'endroit (chez-nous on se lève aux aurores) Je ne voyais que quelques enfants, quelques vieillards accompagnés des femmes de la tribu. L'une d'elle me sourit et me proposait un bol de thé et quelques bananes accompagnées de riz blanc au coco. J'ai pris ce petit déjeuner frugal avec un réel plaisir. Je demandai aux femmes où pouvaient bien se trouver les hommes. Elles me dirent qu'ils étaient partis chasser et pêcher. Que s'ils avaient de la chance, nous pourrions organiser une vraie fête en mon honneur ce soir avec du poisson frais et de la viande de cerf. Celà me contraria quelque peu car je n'avais pas prévu de faire une halte aussi étalée dans le temps. Je n'avais que quelques jours de vacances et je devais rentrer sur Nouméa une semaine plus tard, car j'étais encore au lycée et devais préparer mon baccalauréat.
Mais face à autant d'enthousiame, et de générosité spontanée il eut été très malvenu de refuser. Je décidai donc de rester et attendis patiemment le retour des hommes. Cette décision était très judicieuse, car je n'imaginais pas quels risques ces hommes avaient encourus pour m'honorer de ma visite au sein de leur tribu. Mais nous aurons l'occasion de reparler de celà plus loin dans ce récit.
Je me suis donc proposé pour râper le coco, nettoyer un peu, donner à manger aux cochons, bref, participer à la vie collective de la tribu comme j'en avais l'habitude chez moi.
Les hommes rentrèrent au milieu de l'après-midi. Je m'étais accordé une sieste lorsque j'entendis des cris et des exclamations dans une langue que je ne comprenais pas, mais qui pour moi sonnaient comme des cris de joie. L'excitation semblait à son comble quand la femme du Grand Chef leur demanda de se taire, c'est du moins ce que je compris, car juste après son intervention on ne peut plus énergique, ils se calmèrent et se mirent au travail.
Je me levai donc et leurs proposai mon aide. Ils ne refusèrent pas directement mais me suggérèrent poliment d'aller me reposer pour être fin prêt pour la fête de ce soir. Je n'insistai donc pas et allai me rallonger afin de terminer ma sieste commencée quelques minutes plus tôt.
Le soir venu, je sentais des effluves de viandes grillées, de racines cuites à l'étouffée, de poissons grillés, de langoutes grillées, bref un vrai festin m'attendait et j'en avais l'eau à la bouche. Il est vrai que depuis mon séjour dans cette tribu je n'avais avalé "que du riz des bananes, des racines" et du thé.
Après le palabre coutumier et l'échange de présents, le chef m'invita à commencer de me restaurer en proposant à sa fille de me servir, ce qui là encore était un honneur.
Je mangeai tout mon content et bu plus que de raison. Nous jouâmes de la guitare et chantâmes à tue-tête des chants traditionnels de chez eux, de chez-moi ainsi que des ballades folk et du reggae.
Soudain, un son de sono envahit la place principale au centre de la tribu et tout le monde se leva pour aller danser. Je n'imaginais pas qu'il pût y avoir de l'électricité dans cette contrée, et de fait il n'y en avait pas. Mais ils disposaient d'un générateur qu'ils utilisaient de façon très parcimonieuse pour économiser le carburant. Là encore, ils faisaient preuve de respect à mon égard alors que quelques heures auparavant ils ne soupçonnaient même pas mon existence. Je repris en choeur avec les jeunes la chanson de Bob Marley "Coming from the cold" et quelle ne fut pas ma surprise de voir les vieux et les vieilles se lever et entamer une danse traditionnelle, que l'on appelle chez nous le "Pilou", sur les rythmes syncoppés du reggae jamaïcain. En fait leur danse était basée exactement sur le même tempo et la même ligne mélodique rythmique que la musique caribéenne issue du calypso. Elle différait en celà de la nôtre.
Nous fîmes la fête toute le nuit, bûmes plus que je ne saurais dire, fumâmes une herbe délicieusement envoutante. Je fus ébahi lorsque quelques jeunes m'amenèrent vers leurs plantations! Des plants de 5 mètres de haut! Je n'avais jamais vu ça! Ils n'en faisaient pas commerce mais s'en servaient comme médecine mais aussi pour éviter de boire trop d'alcool, car ces mauvais breuvages avaient la fâcheuse tendance d'exciter les esprits et de raviver des colères ancestrales. Celà amenait souvent à des rixes qui pouvaient parfois très mal se terminer.
Au petit jour, j'allai m'écrouler sur la natte qui m'était réservée. Je dormis sans même l'ombre d'un songe.
Le soir venu je me levai et nous prîmes un repas fait des restes de la veille. Ils me racontèrent des histoires anciennes que les membres de cette tribu se transmettaient de générations en générations. Nous fumâmes ensemble et je leur demandai de m'excuser car j'avais une longue route à faire et qu'il me fallait partir aux aurores le lendemain. Je pris donc congé et m'endormi l'âme en paix et le coeur empli de joie mêlée de mélancolie à la pensée de devoir les quitter.
Je me levai avant l'aube réveillé par quelque vielle femme qui me proposa du thé et me tendit un "watren" (un sac en pandanus) empli de bananes séchées, de poisson fumé, et de taro et coco grillé au feu de bois et enveloppé dans des feuilles de bananes (ma confiserie préférée depuis que je suis enfant)
Je pensais m'éclipser afin d'éviter la terrible séance des adieux qui chez-nous pouvait durer des heures et prendre un caractère dramatique. En fait c'était sans compter sur les jeunes qui se levèrent les uns après les autres pour m'offrir qui une pièce, qui une cigarette, qui un coquillage pour mon voyage. Je les remerciai donc sincèrement pour leur accueil plus que chaleureux et fus surpris pour ne pas dire un peu frustré par la sobriété et l'absence d'emphase dans ces adieux.
Je repris la route, les yeux pleins de larmes certain que j'étais de ne plus jamais les revoir. En celà, j'étais bien naïf, mais celà vous sera conté prochainement.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Joni Mitchell c'est elle. On l'appelle aussi la Bob Dylan au féminin. Je ne sais pas si on peut vraiment comparer les deux mais il est vrai qu'elle a composé et écrit des chansons d'une rare profondeur et d'une rare beauté un rien un peu "déjantées" parfois, mais toujours faisant sens. J'ai une version studio de ce tube avec des choeurs magnifiques qu'elle-même fait.
Oh Freedm suivi de Turn Me Around - Joan Baez Live 1984
Joan Baez comme je ne l'ai jamais vue: Robe noire et talons aiguilles et alors toute la puissance de sa voix dans deux versions inédites de Freedom et Turn Me around.
The green green grass of home - (Tom Jones) Joan Baez lors du Smother Bros show
Très belle interprétation de ce tube de Tom Jones qui parle du rêve que fait un prisonnier qui à son réveil déchante. Cette émission a été interrompue par CBS car trop politiquement engagée... Ca me rappelle quelqu'un ça pas vous? Vous savez cette émission " arrêt sur image"...?
Love is just a four letter word - (Bob Dylan) - Joan Baez Live 1990
Assez jolie version de cette chanson qui n'aurait peut-être jamais vu le jour sans Joan Baez. En effet, elle l'a découverte sur la machine et l'a travaillée. Lorsqu'elle l' a jouée devant Bob Dylan, ce dernier l'a trouvée bonne et a demandé le nom du compositeur.
Il avait compètement oublié qu'il en était lui-même l'auteur...
Je croyais que les guignols exagéraient lorsqu'ils caricaturaient Johnny, mais pas du tout, ils sont en dessous de la vérité! Il faut dire que je ne le connais pas bien. Je n'aime ni sa voix, ni sa "musique" et quant au personnage... Quant à Steevy et Doc Gynéco, je vous laisse juges! Bah dites donc, nous avons qui pour contrer Navrant et Boulet? Delanoë? Ca pèse pas lourd ça!
Certains m'ont demandé de raconter pourquoi et comment je me suis retrouvé seul à 20 ans en France. C'est un peu long, compliqué et simple à la fois.
Lorsque j'ai atteint l'âge qui représentait pour moi "l'âge fatidique" de 18 ans, j'ai eu la possibilité d'aller voter pour les présidentielles de 1981. J'ai donc voté pour la gauche au deuxième tour, ayant voté pour l'extrême gauche au premier. J'y croyais car le PS avait dit que si Monsieur Miterrand était élu, il accorderait l'Indépendance à la Nouvelle Calédonie. En fait d'Indépendance, il nous a envoyé l'armée au début des années 80, dès 1982 pour être précis.
En fait j'étais de gauche par réaction à ce qui se passait chez-moi, mais aussi dans le Monde (La guerre des Malouines, le Biafra pendant les années 70, l'Apartheid en Afrique du Sud, les inégalités entre les races aux Etats Unis et en Nouvelle-Calédonie...)
Il faut vous dire qu'au pays, j'ai connu une ségrégation raciale non institutionnalisée comme en Afrique du Sud ou aux Etats Unis mais bien réelle. Il y avait en effet des magasins de Blancs, des magasins de Noirs, des bars de Blancs, des bars de Noirs, des boîtes de Blancs, des boîtes de Noirs et même des plages de Blancs, des plages de Noirs.
Je vous laisse imaginer les différences qui pouvaient exister entre une plage réservée aux Blancs et une plage destinée aux Noirs.
A 18 ans ça heurte. Seulement ma conscience politique s'était déjà éveillée quelques années plus tôt. J'ai participé à ma première manifestation à l'âge de 10 ans car j'avais vu aux informations en France ce que Monsieur Pinochet avait fait lors de son coup d'état de 1973. Bien-sûr je n'avais aucune idée de ce que pouvait être la droite ni la gauche, mais j'avais vu des gens souffrir et aller en prison et cela m'avait boulversé. Je marchais dans la rue quand des cris et des slogans sont parvenus à mon oreille. En comprenant que ces gens scandaient des cris contre Pinochet j'ai tout simplement suivi en entraînant mon frère avec moi.
A l'âge de 15 ans c'est le film "Sacco et Vanzetti" qui a boulversé mon schéma de pensée.
J'ai décidé de m'engager dans la lutte contre l'injustice. J'avais une vision très romantique pour ne pas dire romanesque du combat politique.
Mais en réalité ce sont mes frères d'adoption, les Kanaks qui m'ont ouvert les yeux sur la dure réalité de ce que leur peuple pouvait subir. Il est vrai que je n'étais resté qu'à Lifou, qui est la plus grande île Loyauté à l'Est de la Grande Terre. Lifou est une réserve comme il en existe au Etats Unis pour les Natifs-américains. Donc je n'ai ni vu ni subi la moindre humiliation d'ordre raciste dans la mesure où c'était les kanaks qui "gèraient" l'île et que les Blancs étaient quasiment inexistants, et en tout cas très minoritaires.
Je suis donc allé en Brousse vers 1981. J'y avais un cousin qui avait marié une femme d'une tribu de Poindimié, sur la Côte Est de la Nouvelle Calédonie. J'ai donc décidé de partir sans crier gare. Ne disposant pas d'argent liquide, j'emmenais ma guitare, des fois que je trouve un bar ou un restau qui veuille bien que je joue moyennant quelques sous.
Je pensais faire de l'auto-stop pour parvenir à l'endroit de mon séjour. En fait de séjour, ce fut un vrai parcours initiatique que je m'apprêtais à accomplir malgré moi.
A l'époque, il n'y avait pas de route goudronnées, sauf à la capitale, Nouméa et à Bourail, deuxième "grande ville" de la Nouvelle Calédonie. Il fallait à peu près deux ou trois jours de pistes pour parcourir les 350 kilomètres qui me séparaient de Poindimié.
Je ne le savais pas car à Lifou, nous faisions tout à pieds et de toutes façons, dès que quelqu'un passait auprès de vous en voiture et vous voyait marchant, il vous proposait de vous déposer à l'endroit souhaité.
Le problème, c'est qu'à l'époque, il y avait très peu de voitures qui allaient en Brousse.
J'ai vite compris que j'allais devoir marcher beaucoup et trouver un abri pour la nuit.
J'ai donc décidé de m'engager à travers la savane déssèchée de la Côte Ouest, paysage qui se donne des airs de Far West américain avec ses brousailles et ses niaoulis.
Il m'a fallu atteindre la chaîne de montagnes pour prendre toute la mesure de ce que j'étais sur le point d'accomplir. Là je sentais le parfum du safran sauvage m'envahir et me transporter à des milliers d'années d'où j'étais. Pas un bruit si ce n'était le bourdonnement des insectes et celui du vent dans les buissons. Je me sentais tout petit, pas angoissé du tout, mais conscient que j'étais sur le point de vivre une aventure majeure qui allait décider de ce que je serai plus tard.
Je continuai donc mon chemin à travers la montagne, une voiture m'amenant de temps à autres quelques kilomètres plus loin. Le soir venu, je traversai une tribu que je ne connaissais pas et dont j'ai pour le moment oublié le nom.
Je m'y arrêtai et cherchai le chef. Des jeunes gens sont venus à ma rencontre pour me demander ce que diable je pouvais bien faire sur leur territoire. Je n'avais aucunement conscience que ma couleur de peau pouvait effrayer compte tenu du contexte socio politique de l'époque. Ils ont tout d'abord cru que j'étais un touriste égaré, car en effet, leur tribu ne semblait pas être de celles qui figuraient dans les guides touristiques.
Deux jeunes hommes m'ont conduit à leur chef et là, lorsque j'ai pratiqué les gestes coutumiers usuels à l'arrivée dans une tribu étrangère, j'ai senti un malaise.
J'ai tout de suite pensé que c'était à cause de la langue Lifou que j'employais. Il existe une rivalité ancestrale entre les gens de Brousse et les gens des îles Loyauté. Mais encore une fois je n'avais absolument pas conscience que le fait d'être Blanc parlant une langue Kanak eût pu être choquant. Le chef m'a écouté puis s'est adressé à moi en français me demandant qui diable je pouvais bien être. J'ai donc expliqué qui j'étais, d'où je venais, pourquoi je parlais Lifou et le but de mon voyage. Il m'a gratifié d'un sourire émaillé d'absence ou d'oubli.
Ou jusqu'où la sottise et l'opportunisme peuvent-ils mener! En regardant ça, j'ai trouvé les réactionnaires de ce site bien pâles à côté de Sevran! Comme quoi, si c'était encore à prouver, on peut être homosexuel et réactionnaire, voire fasciste...
Voici le pays qui m'a vu grandir et grâce auquel j'ai pu me construire voire me reconstruire. Sans cette terre ce peuple que diable serais-je aujourd'hui? Qui serais-je? Où serais-je?
Cilejë eö Kanaky
Cilejö eö hniminang
The xou hmaca kö Kanaky
The xou hmaca kö hniminang... (Mata 1987)
J'avais envie de mettre cette chanson qui me rappelle mon arrivée en France en 1983 où je me suis retrouvé sans maison, sans famille tout seul à chanter dans la rue "The boxer" et plein d'autres. Je n'avais que 20 ans et la tête remplie d'espoir qui pour la plupart se sont avérés être des illusions. A l'époque je confondais hurler et chanter! Quand j'y repense ça devait être dur pour les riverains! Aussi gagnais-je 200 FF par heure de chant en moyenne! Plutôt bien payé, non? En tout cas ça m'a bien aidé! Et puis je trouvais rigolo de partager le trottoir avec les clochards du coin qui ne laissaient pas tout le monde s'installer chez eux. Ils m'aimaient bien et dansaient quand je chantais jusqu'au jour où ils se sont aperçu que quand ils étaient là je gagnais beaucoup moins d'argent. Alors ils sont allés se mettre plus loin pour pouvoir et m'entendre et faire la fête sans me gêner. Nous partagions les bénéfices ensemble après en bouffe et en boisson bien-sûr!
All my trials - Inspirée d'une berceuse traditionnelle des Bahamas - Joan Baez
J'avais envie de voyager en Ecosse et voilà qu'on me propose un diaporama de ce pays avec Joan Baez en musique de fond, chantant une magnifique ballade. Elle était chantée notamment durant les mouvements protestataires des années 50 et 60. C'est en fait inspiré d'une berceuse bahamienne. Cette chanson parle d'une femme qui sur son lit de mort essaie de réconforter son enfant.
Violoncelle solo David Soyer
Chef d'orchestre Maurice Abravanel ( Il a notamment enregistré une intégrale des symphonies de Gustav Malher qui encore aujourd'hui fait référence)
Bon, j'ai un ami qui est fan de Joni Mitchell et qui me trouve plutôt laconique la concernant.
Alors, elle est effectivement une magnifique "auteur, compositeur, interprète", mais aussi une peintre et photographe accomplie. Elle a mis un peu de côté son travail musical pour se consacrer à son art visuel. Le dernier que j'ai d'elle date de 1996 . Mais je sais qu'elle en a sorti d'autres après et il semblerait qu'elle ait un prochain enregistrement prévu...
Big Sur Festival - 1969 - Joan Baez live - "A song for David" - (Joan Baez)
Festival d'Automne après l'orgie musicale de Woodstock. On peut voir apparaître Joni Mitchell, Crosby, Still, Nash & Young ... Une des plus belles ballades folk que Joan ait écrite. Elle est enceinte de son fils Gabriel qui naîtra en décembre 1969.
Je me souviens, pour l'avoir écouté, d'un concert de Joan Baez en 1967 à Milan où les carabiniers voulaient la faire sortir de scène car elle chantait cette chanson dédiée à son mari en prison. Elle a continué à chanter et la foule qui la malmenait passablement depuis un petit moment a fini par se rallier à elle et à la soutenir. Mais c'est avec la chanson "c'era un ragazzo" qu'elle réussit à s'imposer réellement lors de ce concert plutôt mouvementé.
Je n'ai pas connu mon père, du moins pas comme beaucoup d'entre vous. Il est parti à ma naissance. Il était Commando Parachutiste. Je l'ai rencontré à lâge de 24 ans. A l'époque j'étais recherché par la police pour refus d'incorporation, ce qu'ils appellent insoumission. Il a appelé à mon domicile car, contrairement aux flics, lui savait se servir d'un annuaire téléphonique. Il est tombé sur mon amoureux. J'étais parti faire les vendanges. A mon retour, Lewis me dit qu'un homme se prétendant mon père m'avait appelé. Je savais qu'il rappellerait. Effectivement quelques jours après le téléphone sonne et c'était lui. Il me pose trois questions auxquelles il avait évidemment déjà les réponses: "Tu as fait l'armée, tu n'es pas communiste, tu n'es pas homosexuel?" Je lui ai demandé s'il n'avait pas une question subsidiaire. Nous nous sommes vus, car j'avais besoin de mettre un visage sur celui qui m'avait engendré. Pourquoi, je me suis longtemps posé la question sans trouver réellement de réponse.
Par la suite nous nous sommes perdus de vue. Puis il m'a rappelé en 1996, par téléphone pour me raconter le rôle qu'il a joué pendant la guerre d'Algérie, et pas parce qu'il y était contraint et forcé mais par choix. Ceci explique peut-être celà! Il m'a aussi dit en 1997, toujours par téléphone, que des gens comme nous il faudrait les mettre dans des fours. "Tout le monde n'a pas la chance d'être né orphelin" Jules Renard